IMAGES PUBLIQUES

« Où habitent les images ?… Nous allons tous, quotidiennement ou non, nous retirer dans des salles obscures pour nous projeter et nous évader dans ces étranges espaces que nous appelons des films. Projection de nos rêves, de nos vies et de nos peurs, projection d’un espace filmique sur une surface de lumière, projection d’un monde mental dans un tissu d’histoires, projection d’un imaginaire sur-imprimé à un réel que l’image donne à voir, et qu’en définitive elle construit.

De Charlie Hebdo à Palmyre, des Mille et une nuits à Podemos, d’Aylan Kurdi à Budapest, d’Angelopoulos à Bruxelles, les migrations des images se redoublent de la migration des corps et de la mutation des espaces. Surface sensible où se projettent nos vies, l’image constitue un espace intermédiaire où se construit le réel et où se projette son habitation. Espace entre les êtres, articulation entre les corps et les gestes, l’image interroge le commun et son fragile partage, soulève dans le sensible des portions d’intelligible, des parcelles d’humanité. Architecture transversale, Architecture Fragile cherche dans ces interactions une manière de construire et de penser un espace commun. Organisant sa production et sa critique, ce cycle d’installations/performances multifocales tente par sa mise en crise à activer sa mise en action et faire de l’espace qui sépare les corps de leurs gestes, les rêves de leur potentialité, un organe de son renouvellement. Interrogeant le rôle et la place de l’image dans le partage du sensible, Images Publiques —deuxième édition du cycle entamé en 2014 par Guilhem Vincent— investit, en collaboration avec le cinéaste Manuel Heidenreich, la Galerie Robert-Doisneau du CCAM pour installer un espace de travail et partager sa production. Par une présence continue sur les lieux, l’installation construit un espace public et en organise la monstration. Tendant un miroir à son occupation, ils interrogent le rôle de l’image dans sa mise en scène en l’installant comme outil de critique et d’interrogation. Mettre en images l’espace du sensible, mettre en espaces l’image du commun, dans les jeux de miroirs entre l’individuel et le collectif, entre les gestes et les corps, entre un espace subi et un espace produit, dans la brèche séparant nos désastres de nos résistances, Images Publiques s’installe et nous installe, expose en s’exposant. Corps critique d’un espace relationnel, la présence constitue la condition de constitution du remontage d’un espace potentiel et offre l’occasion de l’organisation du partage du sensible. Corps sensible, l’image prend dans ce dispositif social et spatial, technique et symbolique un rôle d’intermédiaire et tente de se glisser dans un espace partagé pour capter des morceaux de corps, des bribes de mots, le commencement d’un geste et en interroger le potentiel critique, la valeur de production, l’indépassable fragilité qui en fait toute la valeur et la grandeur. »

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Tout est Fragile

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